Portrait – L’Oiseau du Paradis Latin

Mardi 27 mars 2018


Cancaneurs, Cancaneuses,

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LES GRANDS CIRQUES DEPUIS SON BALCON

Les trapézistes, souvent, sont des enfants de la balle. Christopher, lui, est fils de facteur. A la périphérie d’Angoulême où il grandit, petit garçon, des grands cirques font succéder leurs tentes sous ses fenêtres. Il les voit, et veut en être. Il va au cirque comme on respire, attend les artistes après le spectacle, pour leur parler. Hésite entre le trapèze et le dressage de lions, mais pour rentabiliser les nombreux portiques cassés en faisant des numéros pour sa grand-mère, choisit le trapèze. Rêve de l’école du cirque qu’il ne peut pas payer, monte un club de cirque au lycée, fait fructifier ses évidentes capacités de gymnaste. Continue de fréquenter les cirques. Un jour, au cirque Pinder, il croise l’administrateur, s’avance pour lui parler. « Puisque tu es si passionné, lui dit finalement ce dernier, curieux, viens passer l’été avec nous, tu jugeras sur pièce. » Christopher passe les deux étés suivants chez Pinder. Il observe, dort dans une caravane. On lui confie même un petit boulot de caissier.

 

PAS DE TRAPEZE SANS BAC !

Le troisième été, tout a changé : maintenant qu’il a son bac, ses parents le laissent décider, seul, de la suite. De retour chez Pinder, il se livre dès qu’il en a l’occasion à des exercices de trapèze sous le chapiteau. La femme et la fille du PDG passent par là. « Ils nous manque un numéro aérien, lui disent-elles. Tu veux essayer ? ».

Il ne peut qu’accepter. Le public est séduit. Ensuite, c’est comme dans les contes de fée : le début d’une belle carrière aux cirques de Paris, cirque Amar, et puis chez Diana Moreno, dont la sœur Régina est trapéziste dans un cabaret, le Paradis Latin.

Un jour, Régina se blesse et propose à Christopher de la remplacer. Tacitement, il devient son suppléant, si bien que c’est tout naturellement, lorsque Régina fait ses adieux au cabaret, que la direction du Paradis Latin propose le contrat à Christopher. Comment refuser ? C’est la vie de troupe qu’il aime, avec un cadre ravissant « comme une bonbonnière », et surtout une hauteur sous plafond de cathédrale, permettant des numéros aériens comme dans nul autre cabaret parisien.

 

ESTHETIQUE PARFAITE ET EFFETS VERTIGINEUX

Depuis, Christopher enchante la revue de son exceptionnel numéro qu’il peaufine sans relâche. Il l’a conçu lui-même jusqu’à la musique et les costumes. Puis, Christopher l’a fait évoluer, de revue en revue, mais a gardé ces petites choses qui en font aujourd’hui sa rareté. Sa recherche : monter jusqu’au trapèze à l’équerre, sur une corde, « ce qui se faisait beaucoup dans les années 80, contrairement à aujourd’hui car cela demande une énergie folle ». Enfin, une vraie chorégraphie aérienne, sur ce trapèze ballant qu’on ne voit en principe qu’au cirque, avec une recherche évidente de la perfection qu’il trouve dans l’équilibre entre esthétique parfaite et effets vertigineux pour le public.

Aussi timide à la ville qu’il est sûr de lui dans les airs, il puise une énergie sans cesse renouvelée dans l’émotion et les frissons de peur qui parcourent ceux qui le regardent fendre les airs au dessus de leurs tables. Et le public le lui rend bien : à l’applaudimètre du Paris Latin, il est toujours sur le podium.

 

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