Près d’un siècle d’éclipse avant que le 14 Juillet ne devienne fête nationale
Un an après la prise de la Bastille, le 14 juillet 1790, la Fête de la Fédération réunit près de 300 000 personnes au Champ-de-Mars autour d’une promesse d’unité. La célébration est éclatante, mais brève. Dès 1804, Napoléon Bonaparte la fait disparaître au profit de la Saint-Napoléon, célébrée le 15 août.
Vient ensuite la Restauration, qui célèbre la Saint-Louis le 25 août, puis la Saint-Charles sous Charles X. La monarchie de Juillet, le Second Empire, tous les régimes qui se succèdent évitent soigneusement le 14 juillet. La raison est simple : honorer ce jour reviendrait à reconnaître la légitimité de la Révolution, donc à fragiliser leur propre pouvoir. Pendant près d’un siècle, le 14 juillet reste une mémoire chuchotée, portée par les seuls républicains.
La loi du 6 juillet 1880, un compromis devenu fête nationale française
Tout change avec la consolidation de la Troisième République. La Marseillaise vient d’être hissée au rang d’hymne national. Il manque une fête. Le député de Paris Benjamin Raspail dépose alors une proposition de loi, adoptée à la quasi-unanimité quelques semaines plus tard. Promulguée le 6 juillet 1880 par le président Jules Grévy, elle tient en une phrase : « La République adopte le 14 juillet comme jour de fête nationale annuelle. »
Le génie de ce texte tient dans son silence. Il ne précise pas quel 14 juillet est célébré, et ce choix est délibéré. Car la date porte deux mémoires en une : celle de 1789, victoire du peuple parisien, et celle de 1790, Fête de la Fédération, plus apaisée. Une double lecture qui permet à la République de réunir, sous une même date, ses partisans les plus ardents et ses modérés. C’est ainsi que naît la fête nationale française, connue dans le monde entier sous le nom de Bastille Day.
La première célébration du 14 Juillet en 1880, déjà spectaculaire
Le 14 juillet 1880, la France découvre sa fête. Le programme est ambitieux : concerts dans les jardins, rues décorées, feux d’artifice, bals dans toutes les communes. Mais c’est sur l’hippodrome de Longchamp que se joue la scène la plus marquante. Devant 300 000 spectateurs, Jules Grévy remet solennellement les nouveaux drapeaux à l’armée, entouré de Léon Gambetta et Léon Say. Dès cette première édition, la République pose les fondations de ses rituels : défilé militaire, feux d’artifice, bals populaires. Trois piliers de la célébration du 14 Juillet à Paris que nous perpétuons encore aujourd’hui.
De Longchamp aux Champs-Élysées, l’évolution des célébrations du 14 Juillet à Paris
Le défilé militaire s’installe sur les Champs-Élysées en 1919, en hommage aux soldats de la Grande Guerre. Il alternera ensuite entre plusieurs avenues parisiennes avant de se fixer définitivement sur la plus belle avenue du monde en 1980.
À la nuit tombée, c’est l’autre visage du 14 Juillet qui prend le relais : les bals populaires. Sur les places des villages, sous les guirlandes lumineuses des quartiers parisiens, on danse au son des accordéons et des orchestres de bal. C’est dans ce sillage qu’apparaît, en 1937 à la caserne Montmartre, la tradition désormais emblématique du bal des pompiers, devenue l’un des symboles de la célébration du 14 Juillet à Paris.
Le Paradis Latin et la République, deux histoires parallèles
Quand la République adopte le 14 Juillet en 1880, le Paradis Latin n’a pas encore rouvert ses portes. Il faudra attendre janvier 1889, et la main de Gustave Eiffel, pour qu’il renaisse en cabaret à l’occasion de l’Exposition universelle célébrant le centenaire de la Révolution.
Les deux histoires s’écrivent dans la même époque, sous les ors de la Belle Époque, lorsque la République invente sa façon de réunir les Français autour de la fête, des bals, des spectacles, du Champagne. Cet esprit, le Paradis Latin lui consacre cette année une soirée d’exception, en croisière sur la Seine, face à la Tour Eiffel pour le feu d’artifice. Une première signée Paradis Latin, pour célébrer le 14 Juillet à la hauteur de son éclat.
Vivez la plus belle soirée du 14 Juillet à Paris
Cette année, le Paradis Latin réinvente la célébration du 14 Juillet à Paris. Pour la première fois, le plus ancien cabaret de la capitale orchestre une soirée du 13 Juillet d’exception sur la Seine, conjuguant l’élégance d’un Bastille Day Dinner Paris à l’éclat d’une croisière face à la Tour Eiffel. Une manière unique de célébrer le Bastille Day, entre patrimoine, gastronomie et féérie parisienne.
Le 14 Juillet est devenu fête nationale française par la loi du 6 juillet 1880, promulguée par le président Jules Grévy. Le texte, adopté à la quasi-unanimité, tient en une phrase : « La République adopte le 14 juillet comme jour de fête nationale annuelle. » Il aura donc fallu attendre près d’un siècle après la prise de la Bastille pour que cette date devienne officiellement celle de la fête nationale.
Les deux. La loi du 6 juillet 1880 ne précise pas laquelle des deux dates est célébrée, et ce silence est volontaire. Le 14 juillet 1789 marque la prise de la Bastille, victoire du peuple parisien, et le 14 juillet 1790 correspond à la Fête de la Fédération, célébration plus apaisée de l’unité nationale. Cette double lecture a permis à la Troisième République de réunir sous une même date ses partisans les plus ardents et ses modérés.
Les trois grandes traditions du 14 Juillet à Paris remontent à la première célébration de 1880 : le défilé militaire, les feux d’artifice et les bals populaires. Le défilé militaire s’est installé sur les Champs-Élysées en 1919 avant de s’y fixer définitivement en 1980. Les bals des pompiers, apparus en 1937 à la caserne Montmartre, sont venus enrichir cette tradition festive et sont aujourd’hui l’un des symboles de la célébration parisienne.




